textes

Allégorie de la caverne - 2011Sam Goldstein - critique d'art

Une lecture de "d'où je viens...où je vais" (voir la toile)
« Simon Blau feint de confronter passé et futur oubliant le présent. Mais celui-ci est de fait dans l'instant du regard du spectateur, aussi la question « qui suis je ? » sciemment éludée est peut-être une clé pour pénétrer ce tableau énigmatique. Entrons dans l’œuvre. Composition contrastée entre lieu sombre et lieu lumineux, une porte laissée ouverte, une femme dans l'attente au lointain, des poteaux criblant le jour tels un filtre sur la vérité et puis ce renard, ironiquement décalé dans le coin, nous fixant avec intensité. Tout semble en suspend, dans l'attente du regard pour reprendre le cours du temps. Le choix du renard n'est pas anecdotique, sa couleur, son traitement délibérément enlevé semblent nous alerter : attention ici tout n'est que ruse, tromperie, ce qui paraît n'est pas nécessairement la réalité. L'animal nous interroge, nous invite à mesurer le réel, le sensible et leur emprise réciproque, à faire la part de la nuit et de la lumière, à laisser ouverte la porte, porte ouverte au vent des contradictions et des paradoxes, nous laissant seul juge. L'éloquence sensible de l'artiste s'écarte de sa fonction purement esthétique, même si ce biais est nécessaire, comme pour nous pousser à relativiser nos certitudes. Après tout la peinture est aussi ( avant tout?) un acte dialectique, d'abord entre l'artiste et son œuvre en devenir, puis entre l’œuvre achevée et le public ; l'art est un révélateur. »

Un homme et une femme - 2011Sam Goldstein - critique d'art

Une lecture de "l'etreinte" (voir la toile)
« Cette image saisissante laisse perplexe : hormis le pastel de Picasso auquel le titre fait référence, le sujet ne semble pas représenté. Que voyons-nous ? Un homme, une femme. Nus, sombres, statiques, anonymes. Elle, figée au milieu de la toile. Lui est décalé, presque en retrait, semblant imprimer un mouvement comme s'il souhaitait sortir de la toile. Et puis deux ombres, ou plutôt une seule, fusion de celles-ci. L'étreinte est là, dans la projection des personnages. Deux corps se retrouvent ainsi enlacés dans leur ombre. Et par delà la simple étreinte, on devine une métaphore du couple. »

Flagrant délit - 2011Sam Goldstein - critique d'art

Une lecture de "lever de rideau" (voir la toile)
« Le titre nous rappelle la théâtralité souvent présente dans la peinture de l'auteur, cette « mise en scène » ne nous trompe pas sur ses intentions, ici un voile se lève sur une nudité symbolique. De prime abord un climat de grande étrangeté nous pénètre, deux regards se posent sur le spectateur : l’œil inquisiteur du volatile d'une part, ceux hypnotiques de la femme d'autre part. Même si le bec de l'animal n'est pas celui d'un cygne, son long cou et sa présence proche de la femme( ombre portée sur l'épaule) nous font inévitablement penser au mythe de Léda. La lecture du tableau est subitement plus claire : nous interrompons cette scène comme semble nous le reprocher férocement l'oiseau, quant à la femme, surprise, soudainement éveillée d'un état second, elle ne peut se dérober à notre propre regard, ou n'est-ce-pas le spectateur qui ne peut détourner le sien, impudique, au point de ne pas pouvoir contempler le paysage pourtant bien présent. On ne voit d'ailleurs pas la mer, on entend simplement le ressac, bruit de fond d'une immense stupeur. »

Obscure clarté - 2011Sam Goldstein - critique d'art

Une lecture de "sommeil" (voir la toile)
« Dans un soir profond et étoilé, cette passagère de la nuit nous invite à rêver. Elle est endormie dans un wagon de nuit, une gare ou peut-être un café. Derrière la vitre on devine un horizon de montagnes, trois points lumineux au lointain donnent la distance du sujet au réel. Les dernières lueurs du crépuscule meurent dans une obscurité constellée ; l'au delà. Un calme étrange exhale d'un accord entre fort contraste ( bleu nuit – jaune) et douceur poétique( visage). Le reflet de la femme semble échappé d'une toile onirique d'Odilon Redon et pourrait être l'image du rêve de l'assoupie. Front contre front, visage et reflet, comme deux sœurs jumelles tendrement endormies dans une quiétude complice, s'évadent dans la nuit. »

Fauteuil nu - 2011Sam Goldstein - critique d'art

Une lecture de "salle de bain" (voir la toile)
« Dans le silence intimiste d'une salle d'eau, deux corps vaquent à leurs ablutions. L'un trahi par sa main, l'autre doublement présent, de dos et reflété dans le miroir. De l'incongruité du fauteuil de salon dans ce lieu émane un mystère, le mystère de la salle de bain jaune. Blau fait cohabiter des éléments qui ne devraient pas être ensemble ; à travers ce que Deleuze appellerait une synthèse disjonctive il invente un climat particulier qui nous pousse à nous interroger, à nous positionner. Quel doit être notre regard ? Devons-nous rester bien sagement centré au dehors de la toile, détaché ? Peut-on aller un peu plus loin et s'associer à cette main appuyée sur le rebord de la baignoire ? Allons plus loin et prenons place dans ce fauteuil découvrant alors l'envers de la scène : le nu en pied de face, l'homme dans son bain. Mais ainsi immergé dans la toile nous devinons le regard des acteurs...Et des spectateurs, à la fois voyeur et observé. S'asseoir dans ce fauteuil c'est découvrir et s'exposer, c'est donc prendre un risque, le risque de se mettre à nu ; n'est ce pas ce que le peintre fait devant son chevalet ? »

Nuit d'ivresse - 2011Sam Goldstein - critique d'art

Une lecture de "cocktail" (voir la toile)
« Nous sommes en présence d'une réception, lieu festif et convivial où se mêlent les convives : un petit groupe de trois personnes en tenue de soirée au milieu du tableau et un personnage traité presque de façon cubiste au premier plan. L'environnement est difficile à saisir dans l'espace et dans le temps : est-ce dans un hall, sur une terrasse( on perçoit les lumières de la ville et des structures de bâtiment sur fond rose indien) ? Est-ce la nuit, le petit matin ( composition nuit-jour contrastée) ? L'homme au premier plan nous fait sortir du champ classique de la perception. Peut-être ivre il est déformé, distendu, comme dissout dans la nuit tels les bruits du cocktail : tintements des verres, glaçons, éclats, conversations audibles et inintelligibles à la fois, dans une profonde symphonie d'insouciance. Tout comme l'ivresse déconstruit la réalité et la fait réapparaître sous la forme d'une chimère : homme flou, de face et de profil, temps contracté, cette peinture nous donne à voir différents aspects et moments juxtaposés dans un instant prégnant, celui de la contemplation. »

La mer au pluriel - Septembre 2010Dominique Drouillard - Le Dauphiné

«Les 24, 25 et 26 septembre, de 9h à 19h, dans la salle d'exposition du 4, rue du portail, l'artiste peintre Simon Blau résidant à Paris et récemment lauréat du prix Dumas-Millier de l'Institut (académie des Beaux-Arts de Paris) propose une série de peintures à l'huile sur toile. Le thème de cette exposition est la mer et son littoral avec des vues des cités balnéaires de Collioure, Saint­ Malo, La Baule, Douarnenez, de la Croisette ou de Biarritz. Le peintre pour cette série de tableaux a utilisé l'huile mêlant la technique du couteau à celle de la brosse, du glacis sur des formats de châssis moyens à grands. Sa peinture est à la fois forte et poétique, avec une vision décalée onirique voire surréaliste et des références perceptibles à Marquet, Dufy ou Braque. »

Une peinture attachante - Février 2009Michel Henry

« Pour Simon Blau, pas d'enchantement bruyant et parfumé, ses créations picturales sont originales. Un talent incontesté s'ouvre à vous; à vous de le découvrir, d'entrer la subtilité de son mystère. Cette apparente simplicité des thèmes est en réalité d'une grande rigueur qui séduit l'amateur. A suivre impérativement... »

interview Serres lez'arts - SEPTEMBRE 2008 Denis Richard

« Simon blau est un artiste peintre professionnel travaillant sur Paris. Il exposait dans l'ancien pressoir place de l'Auche sur les hauteurs du village de Serres dans les Hautes-Alpes. Ce lieu intime et coquettement restauré exacerbe les couleurs de l'exposition de Simon Blau. Une très nette dominante autour du gris se dégage pour faire ressortir d'autres couleurs. Pour Simon Blau le gris c'est une couleur à part entière qu'il aime employer dans ses créations. Il aime surtout la couleur et joue de la sorte pour faire ressortir un triangle dans un coin de toile, frôlant le déséquilibre de la toile, ou l'équilibre du triangle... Tout cela fait ressortir un style et une empreinte, l'artiste peintre Simon Blau peint aussi des commandes, et expose ses toiles à Paris et dans des expositions qui ont du sens comme ici à Serres dans les Hautes-Alpes. Pour Simon Blau une toile c'est un coup de cœur une rencontre, la toile peux résonner et vivre ensuite chez soi. L'artiste touche vos émotions à travers son pinceau. Je vous invite à découvrir »
Interview à télécharger:
interview.mp3

revue de la fondation Taylor - JUIN 2007 Paul Ambille

« Son art nous séduit immédiatement par la richesse et le foisonnement de ses couleurs. Simon Blau s’exprime de préférence à l’huile sur toile sur des formats du plus petit, des 5, à des carrés de 100x100 ou à des 50 plus ou moins allongés. Ses thèmes récurrents sont les animaux domestiques : Le chat, les portraits : Jaja, les natures mortes : Kippers, les paysages intimistes : La théière ou marins : Les carrelets. Simon Blau a un sens inné de la composition. Sur de grandes plages vert émeraude, jaune mimosa, noir feutre ou gris souris, il installe ses sujets dans un dessin stylisé et structuré qu’enrichissent les valeurs colorées de sa vision personnelle. Cette peinture nous remplit de joie en nous rendant optimiste face aux beautés de notre quotidien que nous ne découvrons souvent qu’à travers le regard filtrant et créateur des artistes de notre temps. Simon Blau comble nos sens et notre imagination par ses réalisations pleines de charme qu’il s’agisse de petits bijoux chatoyants ou d’œuvres plus importantes faites pour animer les murs des belles constructions des immeubles modernes. Merci donc à Simon Blau pour le plaisir rare qu’il nous procure. »

Univers des arts - Octobre 2007Nicole Lamothe

« Ce peintre réinvente le monde, le poétise en des toiles qui semblent nées spontanément alors qu'elles sont l'aboutissement d'une démarche réfléchie, voulue. Grand voyageur, Simon Blau a sans doute puisé une partie de ses sources, de ses émotions en Ecosse ou à Londres, à Florence aussi, d'où un art imprégné d'une grande liberté mais toujours respectueux d'une composition ordonnée. Et on l'accompagne avec délice dans ses rêveries où des poissons rouges évoluent en des eaux bleues transparentes et l'on aime voir tomber les flocons ouatés de la neige d'un ciel noir; il atteste de la même invention dans la traduction de natures mortes. Dans chaque oeuvre, des lignes géométriques, anguleuses créent un cadre solide autour du sujet traité: une fenêtre, un aquarium, une scène de théâtre. Au fond, Simon Blau nous invite à partager son univers intérieur, son image du quotidien qui, tout à coup, semble plus léger, gaîment coloré de bleu, vert, rouge finement modulés. »

la position du peintrePropos recueillis par J.PLUKI

« Peindre c'est "un barrage contre le pacifique", une façon à la fois dérisoire et merveilleuse de s'exprimer face à l'immensité qui nous submerge; l'artiste, pas même un témoin, n'est là que pour faire palpiter silencieusement ses émotions, pour aller à la rencontre d'un devenir, d'un je ne sais quoi insatiable et dévorant. In fine c'est peut-être ce rapport disproportionné entre l'artiste et l'univers qui rend son art intéressant et magique. »

le métier de peintrePropos recueillis par J.PLUKI

« Ma démarche est celle d'un artisan-chercheur, avant même de savoir si je suis un artiste ou pas. Artisan car la peinture est un métier,au sens noble du terme, qui s'apprend. C'est l'apprentissage de techniques exigeantes et complémentaires: dessin, composition, couleur... Puis par la pratique rigoureuse et passionnée de la technique du peintre on se perfectionne, et par le métier acquis le questionnement dans l'acte de peindre nous pousse vers des tentatives, des recherches sur l'esthétisme et la pertinence de son travail. Peindre au quotidien c'est faire ses gammes et remettre en question sans relâche son savoir, ses acquis; une fois la chose sue, la main habile, il faut tout oublier pour se libérer et créer; et plus on sait, plus on peut oublier et être créatif. En matière d'art, je ne crois pas à l'inné mais bien plutôt à l'acquis; j'ai eu la chance de naître dans une famille d'artistes peintres, dans un milieu propice à la créativité où j'ai bénéficié du meilleur apprentissage possible. On ne s'improvise pas artiste du jour au lendemain, on le devient par la pratique d'un métier, par l'exercice de l'oeil »

La Provence - Août 2003Lucien Vakanas

« Ses tableaux sont dans l'abstraction. Ils sont d'une facture parfaite. Ses compositions vont des fruits rouges aux nuages en passant par les ardoises ou les bouteilles. Tout une gamme de sujets traité avec virtuosité... ...Blau a évolué vers l'abstrait avec encore plus de maturité dans ses tableaux, les lignes ne sont plus rigides, ses poissons rouges et son portrait sont une complète réussite, opposés dans leur conception avec, d'un côté une douceur liée aux courbes des poissons évoluant dans une eau sombre, et de l'autre un visage rappelant le cubisme et le cobra ... ... Simon Blau s'oriente de plus en plus vers la recherche usant d'associations osées de couleurs, destructurant ses formes pour mieux les appréhender.»

tous droits de reproductions réservés - simon blau ©2011